Qu’est-ce que la neurologie peut nous apporter ?

J’ai démarré cette semaine la lecture de Bougez votre cerveau, du Dr. Wendy Suzuki.

Un livre exceptionnel qui m’a marqué dès le premier chapitre. Il répond avec brio sans le soupçonner à des questions que je me pose en ce moment sur la productivité, l’épanouissement personnel, la définition d’objectifs. C’est un livre qui se veut avant tout une introduction à la neurologie et à la neuroanatomie, comme on peut en voir dans le livre d’Idriss Aberkane pour un exemple français.

Le pouvoir du cerveau est un sujet assez commun puisqu’on a tous entendu cette fameuse théorie du “on n’utilise que 10% de notre cerveau” (qui est trompeuse), on pense qu’en lisant un simple bouquin on peut devenir un super-saiyan de la mémoire ou du calcul mental. Si seulement c’était si simple.

En réalité je trouve en général l’aspect neuroanatomique de ces livres très barbants : à quoi cela peut-il bien me servir de savoir que la mémoire déclarative se place dans son écriture autour de l’hippocampe, de l’amygdale et des cortex environnants (entérhinal et parahippocampique) ? À part me la péter en repas de famille ça ne va pas m’aider à retenir 60 décimales de PI (un exercice qui est encore moins utile cela dit)… Mais aujourd’hui j’ai lu jusqu’au bout cette partie descriptive, et surtout je me suis intéressé à tout cet aspect de recherche neurologique et toutes les questions que cela soulève.

Parce que soyons clairs, même pour un expert en neuroanatomie, savoir si le souvenir de la madeleine de Proust se trouve plutôt au niveau de l’hippocampe droit ou du lobe temporal gauche n’est pas une fin en soi. La raison pour laquelle la neurologie est une science passionnante est qu’elle répond (pour le moment qu’en partie) à des questions très vastes et surtout très importantes.

Photo de Jesse Martini sur Unsplash

Grâce à ce livre je me pose notamment des questions sur la neuroplasticité, un phénomène aujourd’hui très connu, mais plutôt dans son aspect pratique. C’est en effet extrêmement salvateur de savoir et de croire que l’on peut tout apprendre, à n’importe quel âge, et que le travail attentionné a réellement un sens.

Plus intéressant encore, quel pourrait être l’impact de travailler une certaine partie spécifique de notre cerveau (ou plutôt une certaine fonction) sur toute notre vie ? Et si en apprenant à me rappeler des noms d’oiseaux cela améliorais ma capacité d’écriture, ou ma cuisine, ou tout simplement me rendait plus heureux tout simplement ?

En quoi apprendre la guitare a pu modifié mon cerveau et m’aider dans mes années de prépa ?

Ce livre traite en fait plus que de la neurologie. L’auteur pose la question de ce que la neurologie peut apporter à l’épanouissement personnel. Comment être satisfait(e), rempli(e), heureux/se, bien dans sa peau, stimulé(e), stimulant(e), avoir une vie grisante en soi ?

Il y a je crois une intrication complexe entre productivité, définition d’objectifs, expérimentation, pratique délibérée, gestion des émotions, méditation, pleine conscience et épanouissement personnel. La question est de savoir qui mène à quoi et où est-ce que l’on veut aller.

Avec ce petit air de jeux mentaux enfantins, ou de longues descriptions neuroanatomiques, ce livre a réussi en un seul chapitre à réveiller tous mes sens, comme après un exercice de pleine conscience. Et surtout, il a stimulé mon goût de l’exploration et de la recherche. C’est un effet grisant, et je vous le recommande vivement !

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