Préparation aux entretiens de conseil en stratégie

Comment se préparer aux entretiens de cabinets de conseil en stratégie

Que vous visiez les MBB (McKinsey, BCG, Bain) ou une boutique, tous les cabinets de conseil en stratégie ont un processus de sélection très standardisé, difficile, mais qui a le mérite d’être clair et de pouvoir se préparer. Voyons ensemble comment maximiser vos chances de réussite.

Rappel sur le processus d’entretiens

Si vous ne connaissez pas la logique du recrutement dans les cabinets de conseil, je vous conseille de lire d’abord cet article. Il détaille la forme standard du processus de recrutement et aborde explique en détail le point de vue du cabinet et les besoins qu’ils cherchent à combler – les clés pour vous positionner au bon endroit et réussir vos entretiens.

Pour résumer, les cabinets recrutent sur les besoins suivants:

  • Besoin de compenser un turnover et de croître d’où un recrutement en continu – ou par batch
  • Besoin de consultants qui pourront soutenir le rythme et apporter de la valeur – vous devez ainsi être bon techniquement mais aussi inter-personnellement
  • Besoin de conserver les ressources – alors que le turnover est élevé et les coûts de formation hauts, le cabinet veut recruter des personnes qui sont là pour rester

Ainsi vous pourrez réussir si vous démontrez:

  • Que vous connaissez le métier, savez dans quoi vous vous engagez et êtes là pour rester
  • Que vous avez les capacités pour réussir
  • Que vous avez la personnalité pour travailler dans le cabinet
    • Est-ce qu’un collègue accepterait de faire 10 heures de vol à côté de vous?
    • Est-ce qu’un partner accepterait de vous présenter à un client?
    • Est-ce que vous matchez avec la culture du cabinet?

Pour diminuer les coûts de recrutement et la charge sur les consultants, le processus est organisé en funnel:

Plus vous avancez, plus vous rencontrez des consultants expérimentés, et plus vous avez de chance de réussir.

Les exercices classiques (qui peuvent varier selon le cabinet) sont:

  • Le screening – CV, lettre de motivation
  • Potentiellement un jeu ou un quizz
  • Des entretiens avec
    • Une partie FIT – motivation, adéquation avec le cabinet
    • Une étude de cas – exercice structuré par excellence
    • Une partie Q&A pour poser toutes vos questions

Détaillons maintenant chacun de ces exercices et comment s’y préparer!

Table des matières

  1. Screening
    • CV et lettre de motivation
    • Poids de l’école
    • Appel à un ami
  2. Tests complémentaires
  3. FIT
  4. L’Étude de cas
    • et comment s’y préparer
  5. Q&A
  6. Bilan du processus

Le screening

Le screening est le premier filtre, celui qui exclut le plus de candidats. C’est un exercice souvent simple, mais qui nécessite du sérieux pour ne pas gâcher ses chances.

CV et lettre de motivation

Comme pour n’importe quel processus de recrutement classique, le CV et la lettre de motivation sont de rigueur. Attention cependant, ici le format est très standardisé. Ne vous fiez pas à Joseline, conseillère d’orientation, qui vous demande de mettre de la couleur sur votre CV pour se différencier. Vous n’êtes pas chez les bisounours, mais au niveau des CEOs et comités exécutifs, respectons les normes professionnelles.

Cela peut paraître absurde vu que l’on veut être choisi plutôt qu’un autre, mais la partie screening n’est pas le moment de se différencier. C’est le moment de montrer que vous êtes un candidat sérieux et que vous faites les choses dans les règles. Vous montrez également que vous ne tomber pas sur le monde du conseil parce que vous avez vu une porte ouverte.

Il y a de nombreuses ressources en ligne pour vous aider à structure la lettre, avec les formats standards utilisés (en anglais, 3 paragraphes, vous, moi, nous, ou autre). Dans tous les cas je recommande vivement la relecture par quelqu’un qui a passé ses entretiens (avec succès) il y a peu de temps.

La lettre de motivation n’est pas toujours lue, mais l’exercice bien que chiant (soyons honnêtes) à le mérite de pouvoir vous amener jusqu’aux entretiens.

💡 TIPS: la structure est la même pour tous les cabinets si bien que vous pouvez réutiliser une partie majoritaire de la lettre pour tous. Cependant le paragraphe sur le cabinet doit être le plus personnalisé possible. Contactez des gens dans le cabinet pour avoir des infos sur le cabinet, et également pour citer leurs noms dans votre lettre! Cela montre votre démarche pour le cabinet.

Le poids de l’école

Le screening utilise très largement le nom de votre école pour filtrer les candidats. C’est une solution à la fois injuste et pourtant bien française, le nom des écoles a son importance pour la sélection (et pour la grille des salaires), peu importe votre niveau réel.

Ainsi pour les MBB, vous devez faire partie d’une grande école d’ingénieur ou de commerce. Vous pouvez trouver des listes plus ou moins représentatives en ligne. Moins le cabinet est connu, plus ils iront cherchez loin dans les écoles moins bien classées.

Cependant la tendance joue en la faveur du plus grand nombre, puisque se détachant un peu du côté élitiste les grands cabinets cherchent aussi à diversifier leurs talents – et certains cherchent également à lutter contre des inégalités sociales en favorisant par exemple les candidatures féminines, ou les candidatures d’écoles un peu moins bien côtées ou d’universités.

Appel à un ami

🔥 Je vais le recommander encore une fois mais c’est important: appelez des personnes qui travaillent dans les cabinets que vous visez!

Si vous êtes en école, vous aurez forcément des contacts, à vous de les trouver. Sinon vous devrez utiliser LinkedIn. Ne vous inquiétez pas, vous ne dérangerez pas. Si le consultant en question est effectivement débordé, soit il ne vous répondra pas, soit il vous renverra vers quelqu’un d’autre. Dans tous les cas vous n’avez rien à craindre, puisque chaque consultant à fait la même chose avant vous!

Vous devez faire ces appels pour deux raisons:

  1. Vous avez besoin d’informations sur le cabinet que vous ne trouverez pas en ligne – sur la culture, pour personnaliser votre lettre et aussi pour faire votre choix
  2. Les contacts dans le cabinet peuvent vous permettre de passer plus facilement le screening – vous pouvez poser vos candidatures en ligne, mais c’est un milieu relationnel, votre contact peut aussi déposer votre CV sur le bureau de l’équipe recrutement!

Plus le cabinet est petit, plus ce jeu de contact est important.

Participer à des évènements du cabinet est aussi un excellent moyen de faire leur connaissance et de se positionner dans la mire des équipes de recrutement. Cela vous renseignera aussi sur la culture du cabinet pour savoir si vous vous y sentirez bien.

Vous trouvez cela forcé ou malsain? Ça s’appelle du networking, et c’est comme cela que fonctionne le monde professionnel, dans le conseil ou non. Autant s’y mettre tout de suite.

Je pense sincèrement que l’évènement auquel j’ai participé dans un des MBB a fait la différence. Mon contact dans le cabinet m’a permis d’aller sur place dans les bureaux au lieu d’y assister en ligne (faites appel à un ami). Et sur place j’ai rencontré directement l’équipe recrutement et des consultants du cabinet, j’avais les pieds dans le bain de la culture de la Firme!

Les tests

En plus du CV et lettre, certains cabinets rajoutent un test dans leur partie screening pour étoffer le filtrage. Ils vont du plus basique au plus surprenant, mais vous pouvez vous préparer pour certains d’entre eux.

  • Le test de Bain est inspiré du GMAT – vous devez avoir un score minimum requis pour continuer les entretiens. Il est simple à préparer puisqu’il suffit de trouver des ressources sur le GMAT et de viser un score de 90%. Bain demande aussi un test de personnalité développé par pymetrics, mais qui ne demande aucune préparation.
  • Le test de BCG (le premier), est un quizz en ligne en temps limité. Il simule un engagement avec un client et vous aurez des questions plutôt proches d’une étude de cas, les questions en soi ne sont pas difficiles, mais là encore il y a des pièges. La réelle difficulté vient du format, c’est en temps limité, et sur un support en ligne qui ne permet pas de faire des retours en arrière, ce qui est très frustrant. BCG propose un test blanc pour vous familiariser avec l’interface. La préparation aux études de cas est la base de votre entraînement à compléter ce test.
  • Le test BCG (le deuxième) peut remplacer un entretien d’un des tours. Il consiste là aussi en un quizz mais est souvent réalisé dans les bureaux. Il dure plus longtemps que le précédent, mais les questions sont plus poussées. Attention ici vous n’aurez pas l’occasion de vous familiariser avec l’interface – c’est un réel problème car j’ai perdu 15min sur la première question. Le graphe à utiliser était caché dans un autre onglet. Bref c’est le test le plus difficile à mon point de vue. Vous n’êtes pas certain de le passer, car BCG modifie son processus très régulièrement et aussi en fonction de la personne. Vous pourriez tomber sur d’autres exercices.
  • Le test McKinsey, l’Imbellus, est plutôt divertissant puisqu’il s’agit de deux jeux vidéos. Un jeux d’organisation et de logique où vous devez rassembler les informations sur des dizaines d’animaux et construire une chaîne alimentaire soutenable dans l’environnement. Puis un jeux de stratégie par tour où vous devez défendre une case centrale d’animaux qui attaques avec des pièges. Pour vous préparer vous pouvez jouer à des jeux similaires.
  • D’autres cabinets proposent d’autres tests, comme Archery Strategy Consulting qui propose une mise en situation avec un partner jouant le rôle d’un client, non pas comme dans une étude de cas mais comme dans un jeu de rôle!

Le FIT

La partie FIT correspond au fit (=adéquation) avec le métier et le cabinet. C’est une partie plutôt soft skills, mais qui se prépare, bien évidemment.

L’objectif est de tester:

  • Votre connaissance du métier – savez-vous dans quoi vous vous engagez?
  • Votre introspection – savez-vous pourquoi vous voulez faire ce travail, avez-vous un plan, qu’est-ce que vous y chercher?
  • Votre personnalité – est-ce que vous vous identifiez à la culture du cabinet? Si l’on vous fait une offre, est-ce que vous la prendrez?

La plupart du temps il s’agit de 10-15min au début de l’entretien, après la petite discussion dans l’ascenseur et avant l’étude de cas. Le consultant vous posera des questions souvent classiques que vous pouvez préparer, mais ne récitez pas un texte par cœur!

Le FIT est finalement intégré tous le long de vos interactions, ne négligez pas la discussion dans l’ascenseur, en arrivant comme en partant. Si vous avez des super réponses pendant le FIT mais que vous êtes fermé et peu cordial dans l’ascenseur, vous ne laisserez pas une bonne impression.

Pour s’y préparer vous avez finalement plusieurs méthodes, que vous pouvez cumuler:

  1. Répondre aux questions classiques
    1. 3 WHYs: Why you, Why consulting, Why this firm?
    2. Quelles sont vos forces / faiblesses?
    3. Qu’est-ce que vous attendez de votre manager?
    4. Avec qui travaillez-vous le mieux?
    5. C’est quoi le conseil en stratégie? Qu’est-ce que vous vous attendez à faire ici?
    6. Quelles sont les qualités d’un consultant? Lesquelles possédez-vous?
    7. Si je dois me souvenir d’une chose de vous ce serait quoi?
  2. Noter des expériences personnelles et professionnelles qui correspondent à des situations qui montrent vos aptitudes personnelles
    1. Une histoire qui montre votre leadership
    2. Vous avez convaincu quelqu’un
    3. Vous vous êtes dépassé
    4. Vous avez subit un échec (et ce que vous avez fait ensuite)
    5. Vous avez appris quelque chose
    6. Vous avez travailler en équipe
    7. Vous avez obtenu des informations difficiles à trouver
  3. Construire votre histoire sous la forme d’un ARC
    1. Idée présentée par Kenton Kivestu de Rocketblocks dans cette vidéo
    2. L’objectif est de donner à votre parcours une logique limpide pour raconter ce qui vous a amené où vous êtes maintenant – répondre à la question “parlez-moi de vous” – de façon structurée!
  4. Poser des questions à vos contacts dans le cabinets
    1. Pourquoi est-ce qu’ils ont choisi ce cabinet?
    2. Qu’est-ce qui leur plaît le plus?
    3. Comment il se différencie des autres?

Finalement, les questions demandent un certain recul sur son projet mais aussi un minimum d’expérience professionnelle. Voilà pourquoi les recruteurs seront certainement plus dociles avec les candidats stagiaires et moins pour les CDI. Toutefois, si c’est un stage de fin d’études, ils s’attendront forcément à au moins une expérience en stage.

L’étude de cas

C’est l’exercice par excellence qui a fait la renommé des processus de recrutement dans le conseil. L’exercice en soi est très académique, mais rappellez-vous que vous avez en “compétition” avec vous les meilleurs esprits au moins d’un point de vue académique – et qu’ils seront préparés à cet exercice par des mois de pratique!

L’étude de cas est structurée de façon libre, vous pouvez tomber sur tout et n’importe quoi, mais il y a tout de même des classiques pour lesquels vous préparer. L’objectif du cas est d’évaluer vos compétences (hard skills) en réflexion, calculs, logique, structure, et les basiques de finance et de business (rien de très spécifique mais qui demanderont un détour pour les purs ingés ou littéraires). Le consultant en face jugera aussi de vos soft skills: interaction, écoute, synthèse, confiance, votre anglais et aussi le “sens business”.

💡 Le sens business nécessite une compréhension de la logique d’un business qui s’acquiert plus par l’expérience. Vous développerez votre sens business en vous mettant face à des situations business différentes et en comprenant comment les entreprises ont pris leurs décisions. Je vous conseille, comme tous me l’ont recommandé, de lire Les Echos. Prenez un abonnement, ce n’est pas cher, c’est divertissant en plus d’être très instructif et peu politisé.

Voici le déroulé classique:

  • Le consultant commence à vous lire l’énoncé du cas, vous prenez des notes (mais des notes de consultant, structurée!). Vous pouvez l’interrompre pour poser des questions sur les éléments que vous ne comprenez pas. Le consultant vous laisse alors la main, c’est vous qui devez diriger l’entretien, sauf dans le cas de McKinsey ou l’entretien est interviewer-led.
  • Vous commencer par reformuler la situation par vos mots, et à resituer la demande du client. Vous demander validation au client par une question. Il faut absolument que vous ayez compris le problème, le client ne vous jugera pas si vous posez la question, au contraire.
  • Ensuite vous pouvez démarrer votre travail de résolution, à la façon d’un consultant
    • Clarifier le périmètre et la situation par des questions, c’est un métier relationnel après tout
    • Structure une approche sous forme d’arbre – MECE pour mutualy exclusive and commonly exhaustive – vous verrez en pratiquant sur des sites de cas
    • Vous présentez votre approche au client avec votre première hypothèse qui guidera votre parcours dans l’arbre
    • Vous commencez à parcourir l’arbre en testant au plus rapide votre hypothèse
    • Vous déroulez la réflexion en interagissant avec votre client jusqu’à trouver une solution ou la fin du temps
  • Vous construisez une conclusion et une recommandation que vous présentez, encore une fois de façon structurée et synthétique!

Pour un exercice libre vous voyez qu’il y a énormément de normes, que vous devrez apprendre pour mieux les dépasser et construire votre propre approche et style avec l’expérience.

Parlons préparation

C’est souvent douloureux à entendre mais autant être clair de suite, même si vous n’avez pas besoin d’y passer vos nuits, il faudra vous entraîner sérieusement aux cas pour avoir une chance.

La moyenne des candidats fait autour de 50 à 80 cas avant de passer les entretiens – mais c’est comme les 20h de conduite, chacun va à son rythme. Je trouve personnellement cette moyenne très haute qui dénote une faible qualité de la pratique en préparation. Une quinzaine de cas peuvent suffire.

En revanche il y a une bonne et une mauvaise façon de se préparer. Si vous utilisez la mauvaise façon, vous ferez 200 cas et vous serez toujours moins bon.

Ne préparez pas vos cas tout seul! Lire un livre n’est pas la bonne méthode (mais c’est un bon point de départ). Vous devez pratiquer, en live, en face de quelqu’un avec qui vous interagissez. C’est un métier relationnel, je suis très introverti et moi non plus je n’avais pas envie de me connecter à une session avec un inconnu pour travailler et me ridiculiser, mais je l’ai pourtant fait et je suis devenu très à l’aise très rapidement. Parce que ceux qui préparent avec vous sont dans la même situation, vous allez aussi rencontré des personnes en général très sympathiques et compréhensives.

La bonne façon de se préparer repose sur quatres pilliers:

  • Une pratique régulière
  • La diversité des types de cas et partenaires
  • Les fondamentaux
  • Une pratique délibérée

Une pratique régulière car la répétition vous permettra d’ancrer des automatismes, de garder une inertie et de rester dans le rythme. Les entretiens ressemblent à des sprints mais ils viennent après un marathon de préparation, accrochez-vous!

La diversité des cas car même si certaines écoles avec beaucoup de monde dans le milieu proposent des bons clubs avec des annales contenant la liste de tous les cas tombés le dernier siècle ou même ce mois-ci (ça existe), vous ne saurez jamais sur quoi vous allez tomber. La bonne méthode n’est pas d’apprendre tous les cas mais d’apprendre à se sortir de toutes les situations. Confrontez-vous à tous les cas non classiques que vous trouverez. Changez aussi de partenaires de temps en temps, pour encore une fois vous mettre en face de personne avec des profils différents. Vous ne savez pas comment se comportera votre examinateur.

Les fondamentaux sont les connaissances de bases à acquiérir. D’abord le calcul mental, vous devez devenir un processeur Intel. Surtout pour les non scientifiques, c’est là où vous vous différencierez. J’ai dû passer des heures sur ce jeux de calcul mental, j’ai même été classé dans les premiers plusieurs fois! Ensuite les fondamentaux business comme les frameworks (Pestel, Porter, etc), les termes financiers, les formules classiques (retour sur investissement, la règle de 72). Enfin les méthodologies de cas, comment prendre ses notes, comment présenter ses pages, comment construire son arbre, etc. Vous pourrez trouver tous ces contenus sur des très bons sites gratuits (quelques exemples sur la page du site).

La pratique délibérée, c’est la clé pour ceux qui veulent vraiment se dépasser. La pratique délibérée est la méthode de pratique qui a été démontrée comment la plus efficace pour le développement d’une expertise et l’apprentissage. Ce n’est pas combien de temps vous vous entraînez, mais comment vous vous entraînez. Laissez-moi vous la présenter rapidement.

La pratique délibérée est structurée comme suit:

  • Une liste de compétences détaillée
  • Une situation répétable et contrôlable
  • Une mesure de succès et de progrès
  • Du feedback instantané

Vous devez savoir ce que vous voulez apprendre. Pour ma préparation j’ai décomposé les compétences nécessaires pour l’étude de cas au niveau le plus fin que je pouvais – avec un total de 63 compétences.

À chaque fois que vous allez vous entraîner:

  1. Listez les 1, 2 ou 3 compétences que vous voulez travailler
  2. Rappelez-vous où vous en êtes sur ces compétences et ce qu’il faut faire pour cocher la case “je maîtrise”
  3. Mettez-vous dans une situation répétable et contrôlable (une étude de cas avec un partenaire) en lui précisant ce que vous voulez travailler
  4. Exercez-vous en vous concentrant uniquement sur vos 1, 2 ou 3 objectifs
  5. Dès que vous avez fini la pratique, commencez par vous jugez – est-ce que vous avez réussi? Oui, non, pourquoi?
  6. Enfin le partenaire vous donne un feedback instané sur ces points de compétences

Et vous recommencez, encore et encore. C’est la pratique délibérée. Et cela fonctionne aussi bien pour l’étude de cas que pour apprendre à dribbler ou faire un gratin dauphinois!

Vous savez tout sur l’étude de cas et les ressources utiles. Il vous manque cependant un clé, la plus importante…

🔥 La vraie différence se fera sur une chose: votre persévérance. Cela veut dire que vous devez être prêt à tout pour réussir et vous en donner les moyens. Cela veut dire qu’il faudra aussi vous créer un environnement qui vous supportera. La meilleure clé pour résoudre ce problème est de se trouver un binôme de cas qui a la même ambition que vous. De pratiquer avec lui ou elle, de s’améliorer en même temps, au même niveau et de donner une raison à l’autre de continuer à faire plus. Sans binôme j’aurais probablement fait deux à trois fois moins de cas, j’aurais perdu ma motivation rapidement et je ne serais pas où je suis aujourd’hui. Cherchez et trouvez-vous un bon binôme!

Les Q&A

Vous pensiez avoir fini les challenges mais encore un peu de patience. La partie question qui termine chaque entretien est souvent négligée et c’est pourtant une partie très importante. Plus globalement on va parler ici non seulement de la partie questions, mais aussi de toute la communication autour de l’entretien: en arrivant, l’introduction, l’ascenseur (ou l’escalier), le café, et le départ. Si vous êtes sérieux sur vos candidatures, vous allez vous y intéresser, et il y a une façon de s’y préparer.

Rappellez-vous que l’interviewer se pose deux questions:

  • Est-ce que je peux le présenter à un client?
  • Est-ce que je veux passer diw heures en avion à côté de lui?

C’est lors de ces discussions moins normés que vous allez montrer votre personnalité et répondre à ces deux questions. C’est aussi le moment crucial pour se différencier.

La première question demande d’être professionnel, mais aussi du relationnel. Il n’y a pas d’entraînement au relationnel, vous devez simplement être habitué à créer une relation avec un inconnu, gérer votre stress, et être réveillé et à l’écoute.

La deuxième question demande d’avoir une accroche avec la personne en face, le meilleur moyen pour cela est de vous intéresser à votre interlocuteur et d’être locace. Si vous n’y arrivez pas dans la partie FIT, la partie question va vous aider. Mais il faut pour cela s’y préparer.

La plupart des candidats ont des questions bateaux qu’ils posent à plus moins tous les entretiens, même d’un entretien à l’autre dans le même tour. Ce n’est pas la bonne solution, vous voulez vous différencier et créer du lien. Vous aurez besoin de personnaliser vos questions:

  • Personnalisez vos questions par rapport à vous, soyez honnêtement intéressé par les questions que vous posez sinon elles ne servent à rien
  • Personnalisez vos questions par rapport au cabinet en recherchant des détails sur ses éléments différenciants
  • Personnalisez vos questions par rapport à votre interlocuteur en vous intéressant à son expérience et sa vision du cabinet, puis en trouvant des intérêts communs avec votre meilleur recours: la diligence. Faites des recherches sur votre interviewer dès que vous avez son nom!
👉 Pour vous montrez à quel point les cabinets sont habitués à des candidats hyper sérieux dans leurs entretiens, certains ont un système qui standardise la diligence aux interviewers - c’est-à-dire qu’ils savent que les candidats vont faire le tour du profil de l’interviewer pour savoir à quoi s’attendre et se préparer entre autres sur les questions.

J’avais personnellement construit une matrice de questions que j’adaptais à chaque cabinet, puis des questions ad-hoc selon le profil du consultant. Je vous la montrerai dans un prochain article.

Bilan sur le processus

Si vous avez lu jusque-là, félicitations! Vous avez l’état d’esprit qu’il faut pour jouer le jeu. Il y a énormément d’éléments à prendre en compte, de codes du milieu et de normes qui interviennent. Je ne m’attends pas à ce que vous ayez tout retenu tout de suite: avec ce premier tour d’horizon vous allez pouvoir attaquer les choses une par une, à l’aide d’un plan de formation.

Dans les entretiens tout est sujet à évaluation – sans pour autant chercher à vous mettre dans une situation inconfortable, sauf consultants aigris – et donc tout est sujet à préparation!

Le secret pour réussir est simple:

  • Préparation
  • Organisation
  • Persévérance

Je vous retrouve dans le prochain article pour vous présenter un plan d’action concret!

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