Avis sur So good they can’t ignore you de Cal Newport

So good they can’t ignore you de Cal Newport de 2012 (je n’ai malheureusement pas trouvé de traduction française de ce livre) contient une théorie unique sur la façon de trouver un travail qui nous comble, ou plutôt se créer un travail qui nous comble. Voilà le retour de ma lecture sur ce titre assez inattendu.

De quoi ça parle ?

À lire le titre, l’on pourrait s’attendre à un guide pour devenir une cible étincelante des recruteurs, où alors un moyen de briller en société, ou alors toute autre méthode pour améliorer l’image qu’on les autres de nous. Ce qui serait assez limité comme sujet, parce que chercher à plaire à tout le monde, ça ne mène jamais nul part.

Mais bien au contraire, Cal nous propose ici du contenu inattendu. Inattendu par rapport au titre, mais aussi inattendu par rapport à mes autres lectures. So good they can’t ignore you est en un sens une théorie unique pour répondre à la question Comment trouver un job qui m’inspire ? 

Dans mes lectures précédentes cette année on retrouve beaucoup de contenu porté sur la recherche d’un travail par passion. Sortir du métro-boulot-dodo, et chercher un travail qui nous inspire vraiment en fonction de ce qui nous plaît. Ces livres vont d’ailleurs assez loin dans la notion d’indépendance financière. Et bien Cal Newport a sa vision bien à lui des choses, et c’est une vision rafraichissante.

Au contraire de nous suggérer de tout plaquer pour aller élever des moutons dans l’Himalaya avec des revenus générés passivement par un super blog, Cal nous introduit justement l’idée que cette recherche du travail par passion ne mène nul part. Quand bien même nous réussirions à atteindre un job par passion (ce qui est loin d’être facile à accomplir aussi bien à cause des finances que les passions sont des goûts pouvant varier très rapidement), nous ne serions toujours pas comblé, car nous serions toujours concentré sur ce que le monde peut nous apporter, jamais rassasiés.

Il suggère alors par de nombreuses interviews qu’il a réalisé des principes pour construire un job qui nous inspire, et cela commence par se concentrer sur ce que nous pouvons apporter au monde.

Qui devrait le lire ?

Je recommande activement ce livre à tous ceux qui ont lu La semaine de 4 heures de Tim Ferris, ou tous les autres livres dérivés (Tous le monde n’a pas eu la chance de rater ses études par exemple). Il donne un angle complètement différent de cette question du travail qui nous inspire, une vision essentielle pour ne pas tomber dans des pièges énormes comme abandonner son travail pour devenir berger dans les Pyrénées alors que l’on ne connaît rien ni aux Pyrénées ni aux moutons.

En soi, toute personne qui ne se sent pas satisfaite dans son travail (et non pas par son travail, il y a une différence) devrait tirer énormément de ce livre, ne serait-ce que des principes généraux pour se guider. Et d’après les statistiques nationaux, cela représente une grande majorité en France !

Si vous cherchez à construire un projet professionnel en tant qu’étudiant, ou que vous chercher à avancer dans votre carrière ou à vous reconvertir, c’est un bon démarrage d’avoir ce livre sous le coude pour commencer. 

Ce que j’ai appris

Le livre est écrit dans une suite logique, celui de la quête de Cal Newport pour répondre à la question Comment trouver un job qui me plaît ? Il est donc organisé sous la forme d’une théorie, étape par étape avec des arguments pour expliciter sa vision et donner des exemples. 

Donc plutôt que de vous donner un top 5 des concepts que j’ai retenu, je vais plutôt vous donner les grandes lignes du livre, attention spoilers.

  • Une autre vision du travail beaucoup plus saine : au lieu de chercher un job qui nous apportera tout sur un plateau (recherche extérieur), plutôt se concentrer à créer le meilleur à partir de notre situation peu importe le sujet de notre travail (recherche interne). S’il y a bien quelque chose que j’ai retenu de mes lectures cette année, c’est que tout ce qui est rattaché au bien-être ne doit pas être recherché ailleurs qu’en soi-même. Je sais, c’est très spirituel, mais gourou n’est pas dans mon projet professionnel.
  • Les piliers d’un travail qui inspire, quelque soit le sujet et la fonction : la créativité, l’impact et le contrôle. Si bien que peu importe notre activité (c’est là la différence avec la recherche d’un travail parfait), l’on peut créer un travail qui nous plaît à partir de ces trois composants.
  • La notion de Career Capital (capital de carrière, capital de compétences serait une meilleure traduction) qui permet d’évoluer dans sa situation professionnelle quelque soit le sujet. C’est la monnaie d’échange pour aller chercher les piliers du travail qui inspire. Sans capital, vous avez beaucoup de chance de ne pas pouvoir avancer plus loin dans votre projet, et même de vous mettre dans des situations périlleuses.
  • La Dedicated Practice (l’exercice focalisé qui nous pousse à nous dépasser) est l’exercice qui nous permet de construire ce Career Capital, de dépasser nos situations et d’aller chercher plus loin dans les opportunités et les situations professionnelles. En soi Cal nous dit qu’il n’y a pas de raccourci, si vous voulez avoir un job qui vous apporte beaucoup, il va falloir apporter beaucoup de valeur, et ça commence par faire ses pompes quotidiennes pour gagner en muscle (façon de parler).
  • La méthode des petits pas (Little Bets, du livre du même nom) pour créer des opportunités, et aussi pour s’orienter avec des feedbacks vers une mission professionnelle. Cal n’exclu pas la notion de mission, très présente dans les livres comme La semaine de 4 heures, mais nous dit qu’elle ne se trouve qu’en étant déjà expert dans son domaine. Cette méthode suggère de faire des petits projets régulièrement (de moins d’un mois) autour de ses intérêts pour gagner en expérience, avoir des retours et créer des opportunités. Ce site est justement le cadre pour moi de créer mes projets et de les partager.

J’ajouterais aussi que Cal propose une conclusion très complète, où il nous indique comment il utilise ces principes pour avancer dans sa vie professionnelle, avec des exercices très aboutis (approche de la recherche pyramidale, total des heures de pratique par mois, décompositions de publications de recherche dans une bible de recherche). Il est important de noter que Cal est avant tout un chercheur, diplômé de Dartmouth College et du MIT spécialisé en Computer Science et qui est aujourd’hui un professeur chercheur à Georgetown dans le même domaine. Ainsi les méthodes qu’il propose ne seront pas forcément adaptées à tous, mais pourront donner des idées à minima pour que chacun puisse appliquer les principes de sa propre façon.

Mon avis

Comme je l’ai déjà dit, c’est un incontournable pour contrebalancer la vision à la Tim Ferris, même si tout ne s’oppose pas. C’est la raison pour laquelle je place ce livre aujourd’hui au centre de mon attention pour les prochains projets que je vais réaliser, et au centre du site. 

Comme l’auteur est un bon chercheur américain, la structure du livre est très claire et bien articulée, comme une publication scientifique (moins les demonstrations bien entendu). Le contenu est d’ailleurs résumé plusieurs fois et répété, si bien qu’en lisant une seule fois le livre on se souvient très bien des principes énoncés en tout début.

Cependant comme le sujet reste très personnel voir même social, la structure scientifique perd un peu de son intérêt car Cal s’efforce de convaincre par des exemples de personnes qu’il a interviewé. Donc si vous êtes scientifique, je préfère vous prévenir : cela reste un bouquin de développement personnel, ne vous attendez pas à une théorie démontrée et une vérité inébranlable, ça n’existe pas dans ce domaine.

Enfin comme je l’ai dit c’est un auteur américain. Je n’ai rien contre les États-Unis, mais si vous lisez par exemple des auteurs européens, vous allez voir très vite un contraste dans le style. Les américains basent énormément leurs réflexions sur les précédents (des exemples de ce qui s’est déjà passé). Alors qu’en bon européen on a très vite marre d’entendre « mais si ça marche, regardes lui il a fait comme ça », parce que ça ne sert absolument pas de preuve, les américains eux adorent ça. Ils résument d’ailleurs ces précédents à la fin du livre si jamais vous voulez les réutiliser. Et donc tous le livre est pavé d’exemples détaillés à l’américaine (avec les dates, les noms, le contexte, etc.) qui pourront au bout d’un certain temps sortir par les trous de nez.

Je lui donne donc une note de 8.25/10 :

  • Explications : 6/10
  • Pertinence du contenu : 10/10
  • Style d’écriture : 7/10
  • Vision et portée (intérêt) : 10/10

À compléter

Si ce livre s’oppose assez clairement avec La semaine de 4 heures, il peut être aussi bon d’avoir l’autre côté du pont. Je suggère donc, peut-être même avant de lire celui-ci, de lire le livre de Tim Ferris ou un livre sur l’indépendance financière par exemple. 

J’allais ajouté dans la liste des livres sur l’indépendance financière Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki. Mais en y réfléchissant bien, Robert ne suggère à aucun moment la recherche du travail parfait, c’est même le contraire. Le parcours de Robert qui est expliqué dans ce livre, est en fait un bon exemple de la construction d’un Career Capital. Ce livre très connu donne d’ailleurs de très bons principes pour le côté financier. Je recommande donc lire Père riche, père pauvre en complément de So good they can’t ignore you, car ils se complètent très bien.

Bonne lecture 😉

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.