3 clés pour apprendre à percevoir les détails qui font toute la différence

Vous savez ce qui fait la différence entre un œunologue et un buveur du dimanche, entre un photographe et un touriste, entre un dessinateur et un enfant de matrernelle ?

La plus grosse différence est la capacité à percevoir les détails.

Un œunologue sait reconnaître des saveurs très particulières du vin jusqu’à reconnaître la vigne et l’année de récolte. Le buveur du dimanche ne différencie que les vins par catégories de “bon” à “mauvais”.

Le touriste va prendre une photo d’un monument, rien d’exceptionnel. Le photographe va prendre la photo du même monument, et sa photo va faire transparaître une sensation et un messagechez beaucoup d’autres.

L’enfant qui dessine copie ce qu’il voit. Mais il finit avec un monsieur patate, alors qu’un dessinateur finira s’il le veut avec un dessin frappant de réalisme. La technique de dessin ne fait pas tout.

Si vous voulez devenir pro dans ce que vous faites, si vous voulez progresser, vous allez devoir apprendre à percevoir ces détails que les autres ne voient pas.

Laissez-moi vous raconter comment je suis arrivé à ce problème et vous présenter trois clés pour vous aider à percevoir l’invisible.

Tout commence avec un podcast

Il y a quelques jours j’ai découvert le poadcast TED Radio Hour, disponible sur différentes plateformes. Je suis un grand fan des discours et des vidéos TED, TED-Ed, TEDx, etc., mais je n’avais jamais entendu parlé du poadcast ! J’avoue que j’étais plutôt étonné, surtout en découvrant la qualité des épisodes.

En particulier j’ai écouté d’une traite l’épisode The Gratitude Chain avec A.J. Jacobs, où ce speaker TED raconte le récit de son livre Thanks a Thousand : A Gratitude Journey. En deux mots ? Il a écrit un livre entier où il remercie chaque personne qui contribue de près ou de loin à sa tasse de café le matin : serveur, designers de la tasse, les constructeurs des routes, les producteurs…

A.J.Jacobs, TED
A.J. Jacobs (Ted speaker)

Cependant A.J. Jacobs est de base un pessimiste et nostalgique, c’est ce qui rend cet épisode si intéressant. Il apporte une vision très terre-à-terre qui permet de s’intéresser à la question de la gratitude sans a priori.

La première chose qu’il nous raconte est que pour développer la gratitude il faut avant-tout développer son attention aux détails. Il cite notamment le livre Jony Ive, la biographie du designer de l’iPod, en expliquant que la créativité est avant-tout le fait de pouvoir percevoir, imaginer et réutiliser des détails.

Vous ne pouvez pas ressentir de gratitude pour quelque chose que vous ne percevez même pas.

A.J. Jacobs

C’est une idée qui me frappe. Effectivement que ce soit pour la musique, le dessin, la recherche fondamentale ou l’écriture, la qualité transparaît lorsque l’on sait voir et utiliser les détails. Même si la majorité ne pourra pas mettre le doigt dessus, c’est bien l’association de petits détails qui rend l’œuvre excellente.

J’ai alors fait le lien avec mon problème actuel dans mon projet d’Home Studio.

Mon gros problème de détails

J’ai raconté dans un article récent ma grande surprise à la découverte de tout ce que le mixage pouvait faire dans la réalisation d’un morceau. Et en particulier comment en le négligeant on se tirait une balle dans le pied.

Je suis depuis plusieurs semaine cette chaîne YouTube (Joe Glider – Home Studio Corner) qui donne des principes simples et efficaces pour améliorer ses enregistrements et son mixage. J’adore cette chaîne parce que le contenu est très simple, bien décrit et direct, et qu’il donne des exemples pour tout.

Mon gros problème est que plus j’avance, plus je me rends compte que je suis incapable de différencier ses bons exemples de ses mauvais exemples. Je suis incapable de percevoir les différences précises entre un bon et un mauvais enregistrement.

Je me suis d’abord dit que c’était à cause du son de mon ordinateur, mais même en changeant plusieurs fois de casque rien n’y fait, je n’entends pas ce qu’il essaie de pointer du doigt. J’ai l’impression qu’il me manque des fréquences dans le spectre, je suis peut-être déjà dur d’oreille ?

Mais finalement je me suis fait la réflexion : on ne naît pas œunologue. Ces gens-là n’ont pas appris à goûter le vin depuis l’âge de cinq ans, et même après ils n’avaient pas de don naturel pour la dégustation. Donc tous le monde a les mêmes capteurs gustatifs, la seule différence entre un œunologue et moi c’est la pratique !

Ainsi mon problème est solvable. Pour devenir un meilleur musicien, il me faut développer mon attention aux détails dans la musique.

Mais comment on fait ça ?

Développer le sens du détail en monde bouddhiste

Si l’on reprend notre analogie de l’œunologie (dites ça trois fois très vite), comment on s’y prend pour devenir un œunologue et pas un simple alcoolique ?

Est-ce que boire un verre de rouge tous les jours suffit à développer ses sens gustatifs et olfactifs ? Je ne pense pas.

Revenons à l’histoire de gratitude d’A.J. Jacobs. Puisqu’il nous raconte son chemin de la gratitude, il va aussi nous raconter comment il a développé ce sens du détail.

Sa réponse tombe sous le sens, mais il fallait quand même y penser : pour développer son sens du détail il faut chercher à percevoir les détails.

Donc pour devenir œunologue il faut chercher à différencier les vins et à déchiffrer ses saveurs que l’on ne perçoit pas encore clairement. Cela peut être très frustrant au début, mais après tout c’est la façon dont fonctionne notre cerveau.

Nous captons à chaque instant des milliers d’informations, mais notre cerveau ne nous laisse en percevoir qu’une petite partie pour ne pas nous submerger. Alors pour les percevoir, il faut activement orienter son attention vers elles.

#1 Voici la première clé pour développer son sens du détail : c’est un travail d’attention et de recherche active. Si vous ne cherchez pas à activer ces perceptions, elles resteront muettes.

Il nous apprend encore autre chose : dans le cas de la gratitude on se rend compte que pour être dans un état où l’on fait attention aux détails, il faut être ouvert aux détails et à l’exploration. C’est la raison pour laquelle la méditation est très recommandée pour apprendre à chercher ce sentiment de gratitude.

Si vous êtes en train de courir pour attraper le métro, vous n’avez aucune chance de percevoir ce monsieur qui fait du hula-hoop dans le coin de votre champ de vision.

#2 Pour développer son attention et faire ce travail de recherche active, la méditation ou d’autres exercices de pleine conscience permettent de se mettre dans le bon état d’esprit.

Comme il le dit lui-même, A.J. Jacobs n’est pas quelqu’un de foncièrement optimiste, bien au contraire. Ainsi contrairement à d’autres speakers TED qui parlent de la gratitude comme d’une solution miracle, pour lui la gratitude n’est pas toute rose.

La gratitude n’est pas la solution simple à tous les problèmes, et n’est pas facile à développer. La gratitude est un travail de discipline. Cela demande du temps, de la motivation et un travail sur soi pour développer sa gratitude.

C’est le même problème avec cette perception des détails.

#3 Développer ses perceptions et devenir excellent demande de la discipline, c’est un travail sur soi long et fastidieux, et il n’y a pas de raccourci.

Ce qui différencie les professionnels d’amateurs c’est bien les heures de pratique. Mais des heures de pratique à activement chercher le détail, et pas simplement des heures à s’amuser.

The only place where success comes before work is in the dictionary.

Vidal Sassoon

Vous pourrez faire le lien avec d’autres articles notamment sur la méthode Kaizen : l’amélioration continue, ou encore le livre So good they can’t ignore you qui parle de la pratique délibérée et de ce qu’elle apporte.

J’espère que ces trois clés vont vous aider à devenir un pro dans ce que vous faites !

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